Ponts sur écoute (1/2)

C'est l'histoire d'un moineau écervelé qui survole la vallée du Tarn, tête baissée. Grave erreur ! Le malheureux a oublié que, depuis l'hiver dernier, l'imposant viaduc de Millau enjambe l'endroit. Trop tard. Il s'écrase contre l'un des haubans en acier et tombe raide mort sur le tablier. Personne ne s'est rendu compte de cette tragédie, sauf un ingénieur assis derrière son écran d'ordinateur, à 700 kilomètres de là.

Le viaduc de Millau a en effet été placé sous «écoute. Disons plutôt sous surveillance. Certains haubans de l'ouvrage sont équipés de capteurs acoustiques reliés directement à une société d'ingénierie spécialisée dans le suivi des grands ouvrages et installée à Vélizy, en Ile-de-France. Si un fil cède, il émet une onde sonore particulière, une véritable signature acoustique qui va être perçue par plusieurs capteurs. Ceux-ci sont connectés à une centrale informatique qui envoie, si c'est nécessaire, un signal d'alerte, au gestionnaire du pont (direction départementale de l'équipement, conseil général, etc.).

Outre les systèmes acoustiques et électromagnétiques, les ponts récents sont en général équipés d'accéléromètres.