Eléments d'histoire de la sténographie (1/4)

QUELQUES NOTES HISTORIQUES SUR LE SYSTEME PREVOST-DELAUNAY

 

L'écriture abrégée semble avoir été contemporaine de l'invention de l'alphabet.

En Grèce, Xénophon (né 400 ans avant Jésus-Christ) recueillit, à l'aide de signes abréviatifs, les entretiens de Socrate, son maître.

De la Grèce, l'art des abréviations fut introduit en Italie par Cicéron qui, de retour d'un voyage à Athènes, confia à son secrétaire Tiron (né vers 98 avant Jésus-Christ) le soin d'adapter les « notes » grecques à la langue latine. C'est vers l'an 52 avant Jésus-Christ que, dans les écrits de Cicéron, il est fait mention des abréviations de Tiron, auxquelles on a donné le nom de notes tironiennes, dont l'usage se répandit rapidement. Grâce à son système, Tiron releva le discours de Caton dans la conjuration de Catilina.

Dans l'Antiquité, l'âge d'or de la sténographie coïncide avec la période la plus florissante de la civilisation romaine : tous les fonctionnaires administratifs pratiquaient l'écriture abrégée.

Au siècle d'Auguste, on comptait dans l'Empire au moins trois cents écoles où les « notes » étaient enseignées.

L'usage des notes tironiennes était en grande faveur auprès des pères de l'Eglise. C'est grâce à elles que les Lettres de Saint Augustin et les Actes des Martyrs, recueillis par les Bénédictins, sont parvenus jusqu'à nous.

L'enseignement et la pratique des « notes » rayonnèrent pendant plusieurs siècles sur le monde romain et ne disparurent progressivement qu'avec l'usage de la langue latine. Cependant, il fut pour un temps, remis en honneur à partir de Charlemagne.

Du moyen-âge à la Renaissance, l'art sténographique est presque totalement oublié. On ne connaît de cette période que quelques manuscrits difficiles à déchiffrer.

Seul nous reste de cette époque le mot « notaire » qui désigna à l'origine le secrétaire chargé de recueillir, à l'aide des « notes », la parole.