La présence du public ne suffisait ni aux députés ni aux Français avides de nouvelles. Très vite, de l'un et de l'autre côté, il parut nécessaire de porter la parole de l'Assemblée à travers le pays par un compte rendu des séances. Dès la tenue des assemblées des Notables de 1787 et 1788, le pouvoir royal avait d'ailleurs pris des dispositions pour qu'un procès-verbal soit tenu et imprimé. Soucieux du détail de l'étiquette et reproduisant fidèlement les discours écrits, ce procès-verbal mentionne simplement les allocutions improvisées et ne souffle mot des débats. C'est qu'il est l'œuvre du secrétaire du cabinet de Sa Majesté et que l'assemblée n'a aucune part à sa rédation. L'assemblée issue des Etats généraux de 1789 a un tout autre souci de marquer sa légitimité. Il importe qu'elle laisse la trace la plus authentique de débats, qu'elle sait historiques, et de décisions graves. Il importe non moins qu'elle leur assure une publicité suffisante, car la curiosité est vive dans le pays et le peuple, au nom duquel on délibère, a droit à l'information. Cependant, malgré l'abondance de témoignages divers, aucun compte rendu suffisamment précis des premiers mois de fonctionnement de l'Assemblée Nationale ne fait foi. Profusion et hésitations marquent les premières tentatives de compte rendu in extenso des débats. |